Ayez le courage de lutter, ayez le courage de vaincre!

  Déclaration de fondation de la RKJV [1]

(Jeunesse Commmuniste Révolutionnaire)

   (adoptée à la conférence de fondation le 12 et 13 février 2008)

  

La RKJV s’est fondée en tant qu’organisation de construction d’un mouvement communiste révolutionnaire le 11 et 12 février 2008, sur la base de sa conviction qu’en Autriche, à présent,  il n’existe pas d’organisation combative de jeunesse qui s’attache résolument et d’une façon cohérente aux principes communistes,. Par la fondation et donc la création d’une organisation de construction d’un tel mouvement des jeunes, nous avons décidé d’oser faire le premier pas afin de faire naître une organisation qui, dans les luttes de classes, se consacre surtout aux problèmes et défis des jeunes, s’oriente sur les jeunes prolétaires et s’y appuie.

  

A présent, en Autriche, en tant que les organisations des jeunes sont concernées, il n’y a que des organisations social-démocrates et réformistes d’un côté, et révisionnistes ou néorévisionnistes de l’autre côté. Il y n’a pas d’organisation communiste révolutionnaire qui soit basée sur une analyse exacte du système capitaliste et ayant le désir de contribuer à la construction d’un parti ouvrier combatif. Car, bien que nous nous consacrions aux problèmes des jeunes, auxquels, sûrement, nous mettons notre attention particulière, le renversement du système capitaliste ne sera possible que sous condition que les exploités réussissent à créer un parti révolutionnaire combattant. C’est donc le renversement du système capitaliste que nous prenons pour notre tâche principale, vu le long terme.

  

Au sein de la société capitaliste, les classes les plus exploitées sont sans doute la classe ouvrière (le prolétariat) et le sémi-prolétariat (comme par exemple les paysans qui, pourtant propriétaires d’une petite exploitation agricole, n’en peuvent pas survivre et qui sont donc forcé au travail salarial). Ce sont donc les jeunes de ces classes et couches qui représentent le potentiel révolutionnaire. Ce sont eux qui doivent s’organiser, pour parvenir , au moins dans l’avenir, à une meilleure vie dont, aujourd’hui, nous sommes privés par le système capitaliste.

 

Nous savons bien que la conscience de classe, en Autriche, est faiblement développée. Pourtant, au fil des jours qu’il nous faut passer sous le juge et la tutelle du système capitaliste, elle va monter. A ce moment là, pour nous, il s’agit de rassembler les éléments les plus avancés, les plus lucides et les plus combatifs, et donc d’établir un noyeau dur, un fondement pour avancer la construction du mouvement communiste révolutionnaire.

 

 Le communisme révolutionnaire et nos racines historiques

 

 C’est par notre vision du monde, le communisme révolutionnaire, que nous nous démarquons carrément et consciemment de la dégénerescence du soi-disant „socialisme réal“, sans pourtant oublier les avantages que ce „socialisme“ apportait aux peuples des pays concerrnés (sécurité de l’emploi, logements, accès libre aux services publiques de santé…). Nous nous référons aux expériences du mouvement ouvrier révolutionnaire et des mouvements progressistes des peuples, en premier lieu aux essais de la construction du socialisme (à la Commune de Paris, à l’Union Soviétique, à la République Populaire de la China et à la République Socialiste d’Albanie). Nous nous entendons donc en lignée de la première organisation ouvrière des jeunes en Autriche, de la KJV de 1918 à 1945, et des essais de la construction d’un parti révolutionnaire, tels que mis en oeuvre depuis la deuxième moitié du vingtième siècle, à savoir

 

«      les éléments positifs et la ligne révolutionnaire représentés par le MLPÖ (Parti marxiste-léniniste d’Autriche) depuis sa fondation et pendant les vingt ans qui y suivaient, et

 

«      les conquêtes positives de la KB (Union des Communistes d’Autriche), qui, dans les années soixante-dix, réussit à organiser un grand nombre des jeunes.

  

Nous nous mettons donc en contradiction totale à ceux qui nous veulent faire gober la RDA ou L’URSS des années cinquante comme modèles socialistes. Par contre, nous nous référons à la critique à ces pays (l’URSS, Cuba, plusieurs pays démocratiques populaires, etc.), menée, depuis 1956, surtout par le Parti Communiste de Chine et le Parti du Travail d’Albanie. Cette critique achevait son paroxysme théorique dans l’oeuvre „Polémique sur la ligne générale du mouvement communiste international“. La Grande Révolution Prolétaire Culturelle en Chine était l’apogée de cette critique en pratique..

  

Pour proclamer délibérément la démarcation avec toute tendence révisionniste, s’appelant elle-même communiste, nous appelons notre vue, notre théorie du renversement de la société, le communisme révolutionnaire.

 

 Pour nous, l’état n’est qu’un mal temporaire, de durée limitée, pourtant nécessaire. Le capitalisme, le système des pontifes et des chefs, de l’économie privée et des banques (la bourgeoisie = la classe exploiteur), c’est l’ordre de l’exploitation et de l’oppression. Le socialisme, c’est la domination qu’exerce le prolétariat, avec ses alliés semi-prolétaires, sur les anciens exploiteurs et qui s’exprime par la dictature du prolétariat. Celle-ci est exercée par des corps agissants, législatifs et exécutifs à la fois, dont les représentants sont àtout moment élus, révocables et obligés de rendre compte. Le socialisme, lui aussi, est une société de classes. Comme dans chaque société de classes, la lutte de classes se poursuivra, sous formes variées. C’est la lutte des lignes au sein du parti communiste, comment se reflétera inévitablement la lutte de classes. Le communisme, par contre, c’est une société sans classes où l’état se sera déjà éteint. Pour nous, en tant que communistes révolutionnaires, l’état est toujours un outil d’oppression par lequel une classe opprime un autre. Autant qu’il y aura des vestiges de l’ancienne société, même à peine visibles et bien cachés qu’ils ne soyent, il faut que la classe ouvrière utilise l’appareil d’état pour les éliminer. C’est seulement quand ce but sera achevé que l’état, comme outil d’oppression, puisse s’éteindre. Voilà une des questions importantes qui nous sépare des anarchistes.

 

 Notre travail, en théorie et en pratique

 

Il nous faut une analyse cohérente de la situation actuelle pour savoir quoi faire et contre qui à lutter. Une tel analyse représente la base de la lutte permanente pour lier la théorie à la pratique révolutionnaire. Réfléchir aux problèmes, toujours à nouveau, dans un esprit faisant preuve d’autocritique, éviter toute pensée schématique et quasi-réligieuse, c’est la précondition d’un travail fructueux.

 

Avec notre travail, en pratique, nous envisageons de mobiliser et, en plus, d’organiser les parties les plus lucides des jeunes. Etre organisé, c’est multiplier l’importance de sa voix. Aussi faut-il s’organiser puisque nos exploiteurs, eux aussi, se rassemblent sous forme d’ institutions diverses pour pouvoir nous combattre d’une manière plus forte et plus efficace. Il est donc notre tâche, en tant qu’organisation de construction du parti révolutionnaire et du mouvement révolutionnaire des jeunes, de transporter et propager la conscience révolutionnaire parmi la jeunesse ouvrière. Sans doute, si l’on envisage un renversement tel que la révolution qui construira une nouvelle société et nous apportera quelque chose, on aura  besoin d’un parti révolutionnaire et d’un mouvement correspondant. Le renversement ne réussira que sur la base de connaissances nécessaires. Il faut apporter ces connaissances, la théorie révolutionnaire, aux gens progressistes et les appliquer aussi bien que possible à la situation concrète en Autriche. Voilà notre tâche principale à ce moment là. Pour organiser les jeunes conscients de leur classe , pour mobiliser leur potentiel, il faut attirer leur attention et leur intérêt à notre organisation et à sa politique, et cela par des manifestations, des tracts et des journaux, et propager la construction du parti communiste révolutionnaire, la nécessité de la révolution socialiste et de la dictature du prolétariat. Dans la mesure du possible, nous organisons des manifs, nous distribuons des tracts sur toute question importante, nous participons activement à des débrayages et des grèves (ou bien nous les soutenons autant que possible) et nous publions notre journal.

  

Quant aux luttes quotidiennes et syndicales, nous ne cessons pas de souligner la nécessité de renoncer à l’idéologie social-démocrate, comme par exemple à la „Sozialpartnerschaft“ („partenariat social“), et nous faisons des efforts à montrer que celle-ci n’est qu’un instrument pour calmer la classe ouvrière autant que possible, pour éviter ses acitivités indépendantes (cependant très rares en Autriche) et pour enfin aboutir au profit maximum de la bourgeoisie, la classe dominante. Sans rompre avec ce bâillonnement on ne pourra réussir dans les luttes pour les salaires, pour l’emploi, contre la discrimination, etc.  En général, on peut dire qu’en Autriche il n’existe pas de syndicalisme combatif. Ce q’il y en a, par contre, c’est  un appareil syndical bureaucratique, l’ÖGB („Österreichischer Gewerkschaftsbund“) et son organisation des jeunes, l’ÖGJ („Österreichische Gewerkschaftsjugend“) qui ont le but d’étouffer dans l’oeuf tout syndicalisme de classe et toute initiative d’en bas. Nous y opposons le projet d’une organisation syndicale indépendante, aussi parmi les militants et au sein des syndicats.

  

Fascisme, racisme, sexisme … il va de soi qu’il faut les combattre résolument. Dans les unités d’actions, nous tentons d’imposer une ligne combative et révolutionnaire. Il faut souligner que tout ça, ce sont des appuis du capitalisme parce qu’ils divisent et séparent les ouvriers. Par contre, dans nos tracts et dans les articles de notre journal, nous ne cessons pas de propager la nécessité de l’unité révolutionnaire des ouvriers. Nous savons bien qu’on ne pourra réussir dans les luttes sans surmonter ces idées. Aussitôt que les ouvriers s’oppriment et se combattent mutuellement (les ressortissants contre les étrangers, les hommes contre les femmes, les employés contre les chômeurs, etc.), les vrais ennemis, les exploiteurs, les chefs, donc, les capitalistes, ont beau jeu. Voilà la raison pourquoi nous essayons de nous allier avec d’ autres organisations et militants et de faire avancer une politique des alliances, une tactique qui a déjà souvent fait ses preuves.

 

En même temps, nous faisons des efforts à établir des alliances et des contacts solidaires à l’échelle internationale. Et cela en premier lieu avec des organisations dans les pays dépendants de l’impérialisme et du néocolonialisme autrichiens. La RKJV et l’IA.RKP étaient les seules organisations en Autriche à organiser des campagnes de solidarité avec la révolution népalaise, y inclu le soutien matériel. Ce n’est qu’un exemple de notre travail international. Contrairement à d’autres organisations en Autriche qui jugent l’impérialisme américain comme étant l’ennemi principal, nous mettons l’accent sur le fait que l’ennemi principal se trouve dans notre propre pays et qu’il s’y agit donc de l’impérialisme autrichien. Nous faisons des efforts à dévoiler ses machinations et de propager au sein de la classe ouvrière la lutte ci-contre. A l’étranger, nous soutenons des mouvements qui mènent la lutte révolutionnaire contre le système impérialiste et ne se contentent pas de combattre un impérialisme particulier (comme par example l’impérialisme US).

  

 En résumé, en Autriche, la tâche principale, c’est la construction d’un parti communiste révolutionnaire combatif. La RKJV déclare ouvertement d’être une organisation rattachée à l’IA.RKP, tout en mettant l’accent sur notre travail parmi les jeunes. Ce que nous voulons faire, c’est la propagande du communisme révolutionnaire et de la construction du parti communiste révolutionnaire pour faire avancer ce projet au sein des jeunes travailleurs. Nous appellons tous qui s’engagent pour le bouleversement de la société capitaliste et pour son alternative, le socialisme et la dictature du prolétariat, à se rassembler autour de nous, dans les luttes, qu’ils soient organisés dans nos rangs ou non.

 

  

Le capitalisme ne tombera pas si l’on ne le frappe à terre.

  

Fondez des comités de grèves et des groupes révolutionnaires dans vos boîtes, vos bahuts, vos milieux ambiants!

 

 

[1] Le groupe précurseur de la RKJV ayant été fondé en 2006, la RKJV fut refondée et s’est renommée en février 2008.